Ovary

C'est franchement rigolo la vie, non ?

19 février 2009

Il y a celle que tu es, celle que tu crois être et celle que tu voudrais être

Merci Ovary pour ce super titre, mais sinon ?

Je me souviens d’un temps dans ma vie, où les jambes croisées et un peu trop lourdes, je froissais et cornais mes feuilles. Je les relisais, et les cornais. Au fond de mon ventre, je mélangeais un petit peu tout. Impossible de retenir ces milliers de lignes, impossible de plaire aux garçons, impossible d’avoir un teint parfait, impossible de maigrir et de croiser mes jambes sans devoir caler mon pied quelque part pour que la pose que je prenais tienne.

A l’époque, je stressais pour mes examens devant toutes ces pages à retenir mais je le faisais en silence. Devant ces filles qui s’affolaient en public alors que je savais qu’elles réussiraient. Ça se voyait comme le nez au milieu de la figure, comme leur teint parfait peinturant leurs joues… ça se voyait comme leur copain en photo dans leur téléphone portable. Je détestais ces filles. Je les détestais tellement. Ça se plaint, ça réussit. Ça se plaint alors que c’est accompagné. Ça se plaint alors que c’est bien foutu.

Mais je les détestais vraiment. J’étais peut-être jalouse. Je baissais les yeux. Elles avaient de la chance, elles. Elles se plaignaient, je leur en aurais bouffé le chignon. Elles avaient tout. Et moi, trop sûre de ne rien avoir, je rêvais de devenir ces petites perfections avec l’intelligence en plus de pouvoir réaliser mon bonheur sans un gémissement de trop.

Je n’avais pas rien, en fait. Bon, un peu mal aux jambes, à les trainer ces lourdeurs. Un peu d’imagination pour me voir finir vieille fille. Un teint morose et des cheveux un peu fous. Mais j’avais surtout un tas de forces et un futur du tonnerre.

Et aujourd’hui j’ai peur qu’on me déteste. Il y a une semaine… je me plaignais de ces révisions, j’hurlais à mort et à tout le monde que je ne comprenais rien, que mon pois chiche de cerveau n’opérait aucune connexion. Je me plaignais du temps qui ne passait pas, du vendredi soir qui ne venait pas. D’avoir un peu de cernes. J’étais là à me plaindre devant ces gens qui me devaient trouver ça bien moche de ma part.

Et puis je suis sortie de l’examen triomphante, vendredi soir est arrivé et je suis allée rejoindre mon amoureux à Lille. Prenant les cernes comme amies de ces nuits à veiller, à penser, aimer, s’amuser. Comme une reine, je suis partie de l’examen où ils étaient tous un peu dépités. Moi, j’ai réussi. Moi, j’ai mon copain, irrésistible et qui m’attend -je vous l’ai déjà dit. Moi, j’ai un peu de cernes mais le nouvel anti-cernes Bourjois.

A l’époque, je me serais détestée. J’aurais croisé cette fille, cette moi-d’aujourd’hui, je l’aurais détesté. Mais quand on finit par être heureuse et bien, on oublierait presque ce que l’on pensait de ces barbouilleuses-de-mon-bonheur-attends-j’en-ai-des-tartines.

Sauf que pour écrire ça aujourd’hui, c’est que… tout de même, je tourne un peu la tête vers le chemin parcouru, je vois qu’il n’a pas toujours été droit et simple. Je n’oublie pas comme j’ai désiré et détesté à la fois ce genre de filles. Mais je crois qu’aujourd’hui, je ne les aime toujours pas. Je n’en fais pas vraiment partie. Puisque je réalise combien me plaindre serait de trop.

Je n’ai pas oublié le triste teint, le stress en silence.

D’où devenir qui l’on est en étant partie de loin, c’est le pied. Quand même. Et puis vous m’aimez hein.

Posté par Ovary à 13:12 - Je cause (trop) - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 février 2009

Ce contrat-là vous change-t-il un homme ?

J’ai bien vu ses petits yeux brillants quand il a signé son contrat. J’étais là, pas moins imaginative, et j’ai listé tranquillement les jolis changements à venir. Oui parce qu’un amoureux qui signe un CDI, c’est tout plein d’autres choses.

Des maitresses

J’avais envie de commencer par là. Quand mon homme business-is-business avec son adorable barbe sera exposé à toutes ces filles en jupettes exposant trois powerpoints en réunion, il y aura forcément des sourires malicieux. D’abord parce qu’il est irrésistible. Ensuite, parce qu’il est irrésistible. Mais moi je les connais toutes ces fifilles aux machines à café qui se dandinent le steak, ce sont juste des boulimiques Mars Kinder. Mais bon, quand je me coincerai la bulle, le bel amoureux en serait-il à saluer ces dames ? Alors, les filles ?

Des chemises à repasser

Je me vois déjà repasser sa belle chemise, courtiser les molécules pour défaire tous les plis. Je chanterai du Zazie, mon homme-sweet-homme. Lalala Je ne ferai plus que ça de ton corps si nécessaire, lala. Utiliser un super vinaigre blanc contre les super-auréoles. Transpiration des grandes réunions oblige.

Des week-ends surprises
Je me vois le vendredi soir, à attendre tranquillement et voir mon homme rentrer façon Friday wear et faire un éventail de jolis billets du genre tu me suis poupée ? Avec des destinations de dingues pour haïr davantage le lundi matin.

Une libido bien chargée
Qu’une d’entre vous ose dire que la chemise, le costume, la ceinture, la barbe discrète, la montre, ne lui fait aucun effet ? Bon. Bah alors les filles.

Des projets vitesse grand V
Parce qu’un homme qui signe son premier CDI va s’acheter trois portables, un home cinéma, un appartement, avoir envie d’espace, de conquérir le monde (pas moins) et procréer (pas moins) et s’inscrire au code. En d’autres termes, on aVance. Et que si tu multiplies la vitesse par la distance que l’on va parcourir, il va devoir me supporter un grand bout de temps.

Des collègues à Gogo
Les photos du gamin de untel, la vie privée de celle-là et avec un peu de chance, je serai une destination Tr : des blagues vaseuses échangées au boulot.

C’est déjà pas mal pour un premier contrat –presque- entre nous pour un 14 février, non ?

Posté par Ovary à 17:06 - Je fais des listes - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 février 2009

... Et qu'il n'y a que des solutions

Je viens de m'écrire une lettre pas gentille-gentille. Je suis comme ça moi, je m'écris des lettres pas gentilles-gentilles où je me tutoie et où je me pose des questions. Je me secoue parfois, je me titille, je me fais des blagues mais ça faut pas non plus rêver. Oui, parce que ce genre de lettres c'est pour me situer un peu. Si je suis bien lunée je me réponds. J'entretiens une correspondance entre moi et moi, ça fait bien dit comme ça, non ? Enfin rêve pas lecteur, c'est pas la clé de l'épanouissement non plus. Je l'ai trouvé la clé de l'épanouissement. Enfin une des clés. Non, parce que y en aurait qu'une ça se saurait.

Je l'ai trouvé (la clé) quand tout à l'heure après avoir lu la lettre que je m'étais écrite, je me suis fait pleurée. Attends, j'ai été trop infecte, je me serais claquée. Je me suis dit des mots durs, bam, je me suis fait des menaces. Bon, alors forcément, ce genre de courrier un peu violent, ça fait pleurnicher. Et j'ai pleurniché dans les genoux de mon amoureux -attends que je t'explique notre position- quand il lisait assis et que j'étais allongée avec sa cuisse en guise d'oreiller en jean, méga bien.

Il a voulu savoir ce qu'il y avait. J'ai parlé de la lettre. Bien planquée dans mes poches. Il m'a retournée -attends que je t'explique les positions que l'on pratique d'ordinaire-, et il m'a piquée la lettre. Il a lu et j'ai eu peur. Peur qu'il me trouve un peu sonnée. T'imagines toi tu lis un truc : Ma chère Ova, mais regarde, regarde... regarde ce que tu fais de ta vie... Et puis il m'a dit qu'on pouvait parler en fait. C'est un truc qu'on peut faire.

Blabla.
Parler avec la langue et tout. Des mots, dire ce que l'on pense, ce que l'on ressent. Autant je sais BOUDER, faire la tête, écrire, mais alors lui dire clairement : oui bon quelque chose me travaille. J'ai du mal.

Et on a discuté. Pas plus de quinze minutes allez. C'était pas non plus le grand questionnement de tous les temps. On n'a pas repris la lettre, je crois même qu'il l'a mangée. Je lui ai parlé de quelques doutes, de deux trois choses. Il m'a dit ce qu'il en pensait, il m'a dit qu'il était là.

Il a eu envie de vomir la lettre, c'est bizarre à manger les feuilles A4 Carré d'As.

Et bref, je me suis dit que quand même, après ça, je me sentais beaucoup mieux. Pas besoin de lettre, juste besoin de dire ce que l'on a dans son fond-fond, et voilà qu'on se sent mieux. Surtout quand c'est à son amoureux feuillivore qui vous écoute, vous touche les cheveux et vous dit qu'il n'y a pas de problème...

Posté par Ovary à 18:44 - Parce que j'ai enfin compris - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 février 2009

J'ai tout le temps froid

Et dans cet appartement, enfin cette chambre, avec une salle de bain qui fait taille toilettes et contient des toilettes, il fait tout le temps froid. Et le chauffage il est au max. J'ai bien tout dégagé sur son passage pour que l'air chaud se promène everywhere, impossible. Vraiment pas fûté parce que couvrir 15m² et encore je suis un gros mètre cube moi, plus le lit et tous ces géants qui prennent de la place EVERYWHERE, ça me parait pas sorcier. Surtout que je dors à côté du radiateur. Que même ça pourrait m'en sécher les cheveux ou me brusher les cils quand je fais la sieste. Mais non, je me pèle.

Pire, si après je fais cuire un petit navet, bouillir de l'eau, si je prends une douche bien bouillante que même si j'étais une coquillette je deviendrai très molle et cuite, la pièce devient une espèce de sauna. Ambiance je-t'ouvre-tous-les-pores-de-la-peau. Les murs transpirent, même les fruits s'y mettent. Je mange des pommes qui se purifient, s'il te plait lecteur. Dans une ambiance pareille, la vitre -et l'unique- est pleine de buée, qu'on peut se mettre des penses-bêtes, c'est mieux qu'un Post-It cette affaire-là.

Un soir où je ne mange pas, rien ne chauffe. Si je ne me lave pas, catastrophe. Je me couche avec un gros pull, de bonnes chaussettes et je n'ose plus bouger, une horreur. Et les draps crachent de l'air froid, c'est prouvé.

Et trois heures après je me réveille en sueur, trop chaud trop chaud. Qui a cuit le navet. Je me déshabille, dans un rêve. Mais voilà qu'au réveil, il refait très froid. On se fout de ma gueule. En clair.

Voilà, je ne sais pas quoi te dire d'autre lecteur.

Posté par Ovary à 07:10 - Je cause (trop) - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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