11 mai 2009
Recette de mon caramel à moi
C’est dur le lundi. D’autant que le week-end sentait bon le caramel beurre salé, le sable et l’amour. Et pour ça, il faut partir un vendredi matin en se disant que l’on a tout le temps d’arriver à Honfleur, que l’on va prendre les petites routes, respirer les prés, saluer les vaches, prendre de l’avance quoi. Alors on essaie de sortir de Paris, on salue les feux rouges, on prend du retard mais peu importe, on écoute les enfoirés et on se dépose des baisers à chaque arrêts. Ça sent les vacances, la détente, la Normandie. Au bout de deux heures, quand on atteint Versailles et que l’on peut enfin filer vers le Nord, on décide de prendre l’autoroute. On snobe un peu les prés, on gagne la pluie. Mais on y croit.
Arrivés à Honfleur quelques heures plus tard, on est tout émerveillé du microclimat. Le ciel bleu écoute mes prières et vient s’étendre sur le port de plaisance tandis que l’amoureux choisit un restaurant où il y a la queue aux toilettes et c’est toujours problématique chez moi. Comme d’habitude au restaurant, je préfère son plat. C’est toujours problématique chez moi.
On s’extasie un peu plus tard du caramel derrière toutes les vitrines. De galettes par-ci, par-là. On se met un petit coup de Goldman, assis en tailleur sur un muret et on fait mille projets mais on garde chacun nos petits secrets. On se devine, c’est tellement plus drôle.
La chambre d’hôtes dans laquelle nous dormons pour deux nuits manque d’un petit tapis et j’ai terriblement froid aux pieds. Voilà, je voulais commencer par la critique. Parce qu’hormis ça, c’est trop charmant et la douche italienne réussit à mon homme (et moi dessus).
Le soleil explose dès le samedi matin et nous filons voir la mer. J’ai l’impression que ça fait une éternité. On s’interroge même sur le sens du courant et si on ferme un œil, on tend un doigt, on peut le cacher le pont de Normandie avec son pouce voire son auriculaire.
L’après-midi, on se sépare pour faire quelques emplettes. On prépare un petit cadeau à l’autre et à nos amis, nos parents. J’ai quinze sacs, et avoir quinze sacs, ça me rend heureuse. Oui, ça a toujours été un peu problématique chez moi. Regarder dans les sacs et voir des caramels, des galettes, des sablés, de la confiture pêche melba, des petits bonbons à la pomme du Calvados, ça me rend toute chose.
On se retrouve dans un café où il y a la queue aux toilettes. On s’offre nos petits cadeaux, je suis gâtée. Une confiture dans un pot typique, un savon –un vrai- au caramel et beurre salé, un joli petit cadre de mes envies de New York et un petit carnet pour mes mille idées à la seconde. Les gens passent et repassent, on bronzerait presque.
Le dimanche matin, nous filons sur les planches de Deauville dire bonjour à nos copains les Parisiens, grosses lunettes, grosses voitures, on se retrouvera sur l’autoroute. Au marché, on se détend, c’est l’été, je vois même des abricots.
Impossible de croire qu’il faut rentrer. Même si je tête en conduisant un petit caramel, même si demain matin sur mon pain il y aura une confiture aux mille saveurs. Je peux plus vivre ce genre de Lundi après ce genre de week-end, non ?
La prochaine fois, Honfleur, j’y reste. C’est ça la recette du bonheur bien caramélisé.
PS à l'amoureux : tu me donneras des photos pour que l'on fasse profiter tout le petit monde de mon pot de confiture, de mon pot de Yaourt garé à Deauville et de ma peau au soleil, bord de plage, bonheur et tralala ?
Et merci beaucoup l'amoureux pour ces instants magiques.
Article également posté sur K.IWI.
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