18 août 2009
Les garçons et les jeux vidéos
Avec un titre aussi banal et des clichés déjà annoncés, mon article peut bien faire un bide, mais faut que je vous raconte.
Je me souviens des boutons (des garçons), de leurs appareils dentaires et des publicités de Noël qui les rendaient chacun de plus en plus fous : wahou c'est LE DERNIER TUE-LA-PLANETE-et-LES-MONSTRES, je le veux, et cette fois y a 6 mondes !
Pendant qu'entre eux et mes carnets de filles, il y en avait 100.
J'ai ensuite connu mon petit frère accroché à sa manette. Sa passion. Il en aurait même jeté la playstation par la fenêtre quand il mourrait en F1 ou que son Rayman tombait d'un rocher. Mon chou.
Puis voilà qu'en fille sportive aux cheveux longs (tout moi), j'ai découvert Lara Croft à Venise, arpentant mon rêve du prince charmant même si elle les tuait à coups de feu et de rage, avec ses cris de guerrière et ses seins impossible à déplacer. Admiration.
C'est avec ma tendre amie Anne-Sophie que nous avons passé des heures à se faire bouffer par des loups et à fuir des araignées géantes. C'était notre truc. Elle faisait le cerveau, je maniais le joujou. Oui, je ne peux pas tout faire en même temps, mais nous étions une équipe de choc.
On a dû faire 5 mondes en 2 ans et 500 après-midi. Notre rythme à nous, on manquait de testostérone. Aujourd'hui encore.
Oui, j'en viens au vif.
Je crois que les garçons ont ça dans le sang. Et que ça leur monte à la tête, c'est comme les hormones cette chose.
L'amoureux joue depuis quelques jours à son rugby et son foot et il se croit vraiment sur le terrain. C'est magique, il sent la pelouse et il hurle dans tout l'appartement sa victoire. Moi, au coeur d'un match ? Je n'ai pas ses hormones. Si seulement en feuilletant les pages modes du ELLE, je pouvais me voir sur un podium en train de remuer mes fesses de Lara, j'avalerais une barre hyperprotéinée et deux trois cachetons pour être velue, je vous le dis moi.
Après quelques jours de sport intense dans le salon, de médaille et d'insultes au rugby, j'ai décidé de m'acheter Tomb raider pour retrouver ce goût pour l'aventure et cette espèce de dépendance que l'on peut créer pour ce jeu. Et puis surtout pour faire fuir les footballers mal finis, qui blessent l'amoureux, que je dois calmer à spray d'éosine.
Fière de moi, j'ai commencé à retrouver ma copine Lara. Mais Mon Dieu, l'évolution. Déjà, moi je ne sais pas jouer avec les manettes. J'ai pas les pouces testostéronisés, moi. Un truc qui fait que même si je suis une adepte du T9, du clavier et des tresses africaines, j'ai un problème. J'ai appris à jouer avec des flèches, nettement plus simple.
Après avoir fait mourir 35 fois Lara, dont 8 fois dans le feu, 20 en chutant et 7 fois les deux en même temps, j'ai commencé à râler et à vouloir casser la manette et ses drôles de billes censées me diriger quand je fonce dans le mur.
C'est là que l'amoureux, en manque et à l'écoute de son amoureuse en détresse Croft, est arrivé. Attends, j'ai l'habitude avec le rugby, qu'il a dit. Et là, torse bombé, il a sauvé Lara, a fini le monde et m'a dit, trop fier "Pourtant c'est la première fois". Et il a enchaîné. J'ai essayé de faire le cerveau car Lara était perdue en pleine mer tandis que je me mettais à sa place et que j'ai vu ma douleur grandir et l'impuissance de ma progestérone, aliénée par ma pilule, laisser Lara seule.
Mais l'homme n'a pas eu besoin de sa belle pour sauver les petites fesses de Lara en brasse. J'ai décidé de faire autre chose, de m'occuper à des choses de filles. Je suis passée devant l'amoureux, captivé par son jeu, pour lui faire gentiment un bisous. Jusque là, tout va bien. Il jouait, il jouait, attentif et guerrier. J'ai approché ma bouche, telle une fille amoureuse de son héros, et là, il dit, sereinement :
"Et Dieu inventa le bouton pause"
Et j'eus mon bisous.
Demain, la playstation passe par la fenêtre. Avec l'éosine. Et l'homme.
16 août 2009
Pique-assiette (et lèvres à ton café gourmand)
Non, mon souci ce n’est pas que mon amoureux ait des goûts culinaires enviables, remarquables, parfaits et enviables. Et exemplaires. Dont on aurait besoin pour juger un plat, une sauce ou une merguez. Il a des goûts (et ça me suffit).
Moi aussi, j’ai un peu de goût.
Et pourtant, j’ai un problème. Avoir un peu de goût ça ne me suffit pas, ça m’encombre, ça me dérange, ça me laisse perplexe et je finis déçue.
Dès qu’on arrive au restaurant j’hésite très longtemps, je renvoie même la serveuse dans les choux 3 fois « vous avez choisi ». NON.
NON.
NON, mais presque. J’ai une tête à choisir vite, et bien ?
Je demande à mon chéri ce qu’il prend mais il le tait. Car il sait que je vais changer d’avis pour prendre comme lui. Du coup, je me retrouve comme une grande à devoir assumer un choix dont je ne suis pas responsable. Ce choix, je l’ai fait parce qu’il faut donner une réponse à la dame alors que j’aurais bien mérité un peu plus de temps. Moi.
Quand les plats arrivent, c’est le drame.
Son assiette est belle. La mienne est moche.
Son assiette sent bon, la mienne repousse.
Son assiette est classe, la mienne inspire la solitude. Seule avec ses ingrédients, je ne veux pas d’elle. Je fais la mou et l’amoureux comprend.
« On échange si tu veux ». C’est de l’amour ça.
Moi : NON.
Non.
Dix minutes après alors qu’il croque dans sa pizza et que j’ai droit à des gnocchis bizarres, je regrette d’avoir dit NON, on aurait dû changer.
Mais on aurait changé, chose sûre, j’aurais pleuré mes gnocchis jusqu’au bout de la nuit.
Je veux toujours ce que l’autre a, mais je veux aussi ce que j’ai. Normal.
"On partage si tu veux". A la limite, ça me va, ça me fait presque plaisir.
Mais quand on commence ce petit jeu-là, c’est le drame. Eh oui.
Le goût de sa pizza fait la misère à mes gnocchis.
Je veux sa pizza. Mais hors de questions de céder mes gnocchis.
Je sais que la solution c’est de commander comme mon amoureux Mais il ne veut pas me le dire. Pour le dessert, c’est le même scénario. C’est trop problématique, je repars toujours déçue. Pourtant je vous l’ai bien dit, l’amoureux n’a pas des goûts culinaires grandioses, non. Mais j’envie chacune de ses bouchées parce que MOI, j’ai des goûts culinaires prononcés et que comme une chère princesse, je dois TOUT goûter. Capiche ?
14 août 2009
Le Bench Mark du mois
Aujourd’hui, j’ai arpenté les rues, telle une détective, afin de rencontrer quelques centres d’esthétique. Ma pilosité étant mal vue en cette saison trop estivale (à mon goût).
Donc armée d’un critérium (puissance, puissance), d’un petit carnet et d’un sourire très fille pour recevoir les meilleures offres, je suis partie dans cette nouvelle ville. Me voilà à Boulogne et perdue et poilue.
En gros, cet après-midi, j’ai été faire un bench mark maillot.
Premier centre, premier bonjour. Le mec qui tenait la boutique ressemblait à Dave, en blond platine. Branchouille à ce point, ça m’a laissée sceptique. Il m’a tendu la brochure et je suis partie. Flânant dans la rue, j’ai lu mon premier bijou.
Eh bien, je ne connaissais pas le maillot américain. Pour toi lecteur, voici l’exclu de la semaine (du mois, tu peux le dire). C’est un petit triangle. Il te reste un petit triangle. Faut croire que les tickets de métro américains ressemblent à des palmitos.
Le principe de l’abonnement, ça ne me plait pas non plus. Ca me donne des excuses pour dépenser 20 euros par ci, et 20 euros par là, pour me faire gommer le corps ou je ne sais quoi encore. Prétexte à la noix, car je peux très bien me masser le mollet, seule, dans la grande baignoire de mon amoureux avec mes petits produits Nivea ou Monoprix.
J’ai ensuite continué mon aventure en passant devant chez Yves Rocher. A priori aucune surprise. Je connais et… j’aime bien. Mon problème avec Yves Rocher, c’est qu’ils vont trop vite pour moi niveaux bons de promotions et cadeaux. Ils devraient stocker mes cadeaux depuis tout le temps. Je repartirai avec mille kits vacances et mille boules de Noël pour un sapin. J’ai pris rendez-vous jeudi, c’est une valeur sûre.
Je suis passée devant un autre centre. Je ne suis pas rentrée. Entre les affiches de grandes filles minces à la peau orange beige rosée, un peu comme les barbies tu sais, ça retient pas la pluie ces gambettes là, ça coule, ça file. C’est toujours beau. Les prix aussi me sont un peu sortis par les yeux, je me dis qu’avant il me faudrait une situation et ensuite je ferai copinage avec mon esthéticienne favorite. On parlerait de nos sacs Prada, on rigolerait pour de faux et j'aurai plus un poil sur le corps, car quand t'es richissime et que tu fais des anglicismes, t'as la peau lisse. C'est bien connu. Et puis avec copine, on se rendrait ensemble au salon du chocolat en septembre, en se goinfrant sans prendre un gramme.
On serait des barbies aux maillots américains, honey.
Grossomodo, mon bench mark maillot est sur bonne voie. Je vais en tester plusieurs, de centre. Jeudi, on fait côté droit. La semaine prochaine côté gauche. Et début septembre, les deux petits arrondis (du palmito)
Allez, bon vent !
13 août 2009
C'est vicieux mais c'est bon.
Je me dis quand même que sans MSN et tout ce tralala, il y a un bon paquet de gens qui n'auraient même plus le droit de voir mes fesses en avatar.
Je me dis quand même que sans FaceBook, il y a vachement de gens qui oublieraient mon anniversaire.
Et sans mon BLOG, je pense même qu'un tas de gens ignoreraient dans quels états psychiques je me trouve, quelle culotte j'ai porté pour quelle sainte et quel papier toilettes m'adoucit les mœurs.
Vraiment. Sans ma signature personnalisée à la con, un bon paquet de gens n'auraient pas mon numéro de téléphone. En gros, j'aurais pas trop de vie sociale sans mon ordinateur et Internet.
Personne ne verraient mes photos de vacances. Tout le monde s'en battraient le steak de mes problèmes hormonaux. Je fêterais mon anniversaire seule et personne ne daignerait m'appeler.
C'est un peu une solution de facilité ces nouveaux machins que t'as dans tes favoris. D'abord tu ne vas pas te péter les fesses à courir après quelqu'un pour prendre de ses nouvelles, t'as juste à attendre qu'il se connecte ou qu'il t'explique sur Facebook qu'il est en train de se faire les points noirs ou de compter les moutons.
Tu peux voir les photos des anniversaires où tu n'as pas été invité, t'es content. Et grâce à MSN, t'as même pas besoin de t'engueuler avec les gens : tu peux les bloquer. T'as le power de gérer ta vie sociale sur une liste.
T'es pas obligé de parler à tes cent trois amis, t'as juste à lire deux mots. Comme ça tu sais quand X est parti en vacances, quand Y est rentré, pourquoi B pue de la bouche, quand C a accouché et quand D va voir mémé. Tu loupes rien et t'as même pas à bouger. T'as même pas à t'interroger, t'as même pas à émettre la moindre pensée pour les gens puisque d'emblée tout tombe sous tes yeux. Et la vache, comme tu dors mieux depuis que tu sais que tu as le plus gros cerveau de tous.
Dans tes amis sur Facebook, tu remarqueras qu'il y en a à qui tu n'as jamais parlé. Mais "on sait jamais". C'est bien de les avoir. Tu peux lire leur mur. Lui, il prenait le bus avec toi et elle, là, c'est l'ex de B mais on sait pourquoi elle est partie maintenant. Sur MSN, t'as les trois quarts de bloqués, mais tu les gardes.
Alors franchement, pourquoi se prendre le chou à utiliser son crédit, à acheter des timbres, à noter les anniversaires et à surprendre, si quelques logiciels et concepts travaillent à notre place ? Pourquoi faire développer mes photos alors que je peux les partager avec la terre entière ? Pourquoi essayer de rencontrer des gens si on peut trouver everybody derrière des profils ? Et pourquoi, non mais vraiment pourquoi, chercher ses marques dans ce bas monde alors que l'on peut adhérer à des groupes Facebook préconçus pour se donner une identité ?
C'est de la solution de facilité. Internet aujourd'hui t'apporte une vie sociale sur un plateau d'argent. Pas besoin de chercher loin, pas besoin de se pleurer dans les bras quand les chemins s'évasent. On sait qu'on pourra se poker un jour ou l'autre. Que pour perdre contact, faut le vouloir très très fort.
Alors oui, c'est de la grosse facilité. Internet. Les portables. Limite la Poste. On se laisse aller et on étend son réseau en wifi, on se connecte amicalement par des bornes et on s'entretient.
Voilà, y a tout un tas de vices derrière cette nouvelle façon de s'intégrer. Mais j'adore ça. J'adore raconter ma vie, imaginer que je me diffuse, m'étendre, écrire sur les murs des voisins, poker la terre, garder les gens in my life sous prétexte qu'ils sont dans les bons groupes. J'adore savoir pour qui ils votent.
Alors derrière tous ces vices, je pense que l'idéal c'est de voir le côté vraiment pratique comme je vous disais. On va pas s'efforcer à appeler, envoyer des cartes de vœux alors qu'on peut se souhaiter Happy New Year de mur à mur avec des fowards à la con. Je suis carrément pour les nouveaux moyens de communications. Un jour, on pourra se marier sur Facebook ou devenir président. On pourra même être ami avec Paris Hilton et s'occuper les uns des autres comme aux temps des Tamagotchi.
Alors lecteur, ne te pète plus les fesses, ouvre un compte. Deviens une fibre optique et raconte à tout le monde de qui tu es fan, depuis quel âge tu es allergique aux cornichons et pourquoi on t'aime pas en vrai.
Avec un peu de prudence et d'élégance, on peut être assez digne. Contourner le vice ou le léchouiller à peine. Enfin de toute façon, comme je titrais cet article, c'est vicieux mais c'est carrément bon. Pourquoi refuser la facilité ? Même si on ne fait plus d'efforts perceptibles in the real, pourquoi être contre les annuaires géants ? Aucune raison. On est tous atteints du vice, it's to late.
Et puis si, on fait des efforts attends, on se fait beaux sur les photos pour donner envie.