30 septembre 2009
A la recherche des chaises perdues
Philosophie
Y en a qui cherchent du temps. Parce que le temps manque. Et d'autres qui cherchent des chaises. Parce qu'elles manquent aussi.
En ce qui me concerne, je cherche les deux, certes. Mais je n'ai point envie de réfléchir ce matin au sujet "concept temps", à mon âge, aux secondes qui s'écoulent et j'en passe. Non, je vais plutôt vous raconter pourquoi je cherche des chaises. Enfin, cherchais.
Parce que hier soir, avec l'homme, nous recevions. Sa famille.
Et que dans son appartement, tout récent au dessus de nos têtes, il n'y a que quatre chaises.
Et que dix minutes avant l'arrivée de nos convives, l'homme s'exclame : mais je n'ai que quatre chaises !
Bravo, quel constat. Ce soir, nous sommes 6.
Grandiose. Beau moment.
Action
Dix minutes pour agir. Tandis que je bricolais dans la cuisine comme je pouvais, j'ai commencé à paniquer. (Je cuisine rarement, je bricole moi).
Et j'ai décidé d'agir : en 10 minutes. Il me fallait trouver des chaises. Du temps aussi, ça aurait été sympa. Finalement, on recherche toujours un peu de temps mon Proust.
Quand j'agis, c'est drôlement efficace : ballerines enfilées sur chaussettes de Tennis, sac à main et carte bleue, direction Carrefour Market. Tandis que l'amoureux essayait de s'asseoir sur tout ce qu'il trouvait dans l'appartement : panière à linges sales, pack de 6 bouteilles d'eau et table à repasser façon inclinée.
J'ai marché vite mais confiante : ils ferment à 22h chez Carrefour Market. Ils sont toujours là pour moi. Sauf ce soir là, précisement : fermeture exceptionnelle à 20h. Grandiose. Beau moment.
Qui va manger par terre ?
Hein ?
Sur le chemin du retour je suis passée devant le resto qui fait l'angle. Des chaises, il y en avait à revendre. Peut-être 100, allez. Et trois clients. Et si je partais avec sous le bras ? Et si je courrais ?
En passant devant la laverie, j'ai bien pensé à prendre les bancs bleus roi. Mais je crois qu'ils étaient fixés.
Les Vélib m'ont fait de l'oeil. Franchement, en le calant bien, y a moyen de se marrer. Moi sur ma chaise, eux sur les Velib'.
Dépitée, je suis remontée à l'appartement. Avec ma solution éclaire : canapé + rambourrage de coussins pour me surélevée. Et ma foi, ce n'était pas trop mal. Nous étions, l'homme et moi, dans le canap et à l'aise. Grandiose. Beau moment.
Puis la soirée a suivi son cours. Jusqu'à ce que je mette le feu dans le mini-four à cause de papier sulfurisé sur la résistance.
Ma soirée quoi.
29 septembre 2009
La photo du mois
Elle parle d'elle même.
La jolie rimbambelle de Messieurs sous la pub cop-copines.
Photo un peu coupée, mais je vous garantis que selon mes doigts (je compte avec), on avait dix Messieurs pour dix mannequins. Y en a qui savent ce qu'ils font, quand même. Je me suis sentie obligée de prendre la photo. Voilà (mon) oeuvre.
© Ovary - Caroline
28 septembre 2009
L'amoureux a couru
Hier était une grande journée. Je me suis vue interviewée : oui, oui, je suis fière de lui. Entre Eva Longoria en tribune, ou Victoria Beckham les joues tirées, j'étais parfaite en femme de sportif.
Enfin femme, femme, relativisons.
Hier, l'homme a couru Paris-Versailles. Et je suis allée l'encourager. La preuve : d'abord, j'ai mis mes basckets de course à pieds, de ce temps où j'étais une sportive de haut niveau et qu'il était jaloux de moi (j'ai remarqué attends). Ensuite je suis allée au départ le pousser, à l'arrivée le réceptionner. Et pour terminer, je lui ai mangé ses barres de céréales -cadeaux de fin de course.
La femme parfaite.
Femme, femme, relativisons.
L'ambiance de la course est vraiment top. Vers les 8h du matin, tandis que l'on était dans le métro en direction de la Tour Eiffel (je me suis vue y aller en Taxi quand nous serions riches et célèbres grâce à ses gros muscles), on croisait déjà quelques coureurs.
Et leur look ravageur de coureur. J'ai nommé le moule-bite ultra chou tendance.
Avec cette grosse façon d'être déjà... "chaud". Les baskets bien serrées, le dossard accroché, la montre géante, les chaussettes bien remontées, le regard compétiteur et les poils bien brossés pour l'aéro-pilosité-performance.
Du genre je vais gagner et je bois de la boisson orange.
Tandis que mon homme était sobre, avec un short large (s'il vous plaît), un dossard encore au fond du sac et même pas d'eau.
C'était triste au fond, j'y avais pas pensé, à l'eau. Mais j'ai pensé aux épingles à nourrisse et je lui ai soigneusement accroché son dossard de vainqueur.
Nous sommes arrivés sur les lieux du départ. Et plein de monde.
J'ai bien aimé les pissotières à disposition. C'est très rigolo.
Je n'ai pas pu attendre le départ, il fallait que j'aille à Versailles. Que même en courant, je serai arrivée dernière quoi.
J'ai donc pris un RER, sans me fatiguer, et je suis arrivée non loin du château. Accoudée à une barrière, j'ai eu la chance de voir arriver les premiers, et encore, ils étaient tellement rapides que je n'aurai pas parié sur mon RER C.
Voilà ensuite que j'ai repéré l'homme et agité mon appareil photo pour prendre le cliché ultime, la preuve vivante de sa grande et prometteuse carrière. J'ai un peu merdé dans les boutons, je n'ai pas eu les bons réflexes pour photographier. L'émotion, quoi.
Mais j'ai réussi à le prendre plus tard quand il récupérait sa collation de fin de course.
Il s'est ensuite écroulé dans mes bras avant d'aller s'étirer. Puis nous sommes doucement partis tandis qu'il me parlait de manger Macdo et de boire des bières, histoire de trouver du réconfort après l'effort. Ou de retrouver tout ce dont il s'était privé pendant ses entraînements.
Tandis que moi, j'étais ultra motivée pour courir, et en tenue en plus. J'aurais bien fait quelques foulées pour rentrer. Mais l'amoureux n'en pouvait plus après 16 kilomètres. Chose normale.
Mais peut-être qu'avec une bière à mon derrière et un Macdo à mon dos, on aurait fait la course chemin inverse et nous aurions été sacrés couple sportif et tendance de l'année 2009.
Je m'voyais déjà...
25 septembre 2009
Bailler, c'est contagieux
Drôlement. Et c'est un des grands mystères de la nature (comme mon humeur ou la psychose de la grippe A).
N'importe qui baille, tu bailles.
Et par la pensée, tu bailles.
Et si tu n'as pas baillé avant la fin de cet article, c'est que t'es anormalement construit. Dans ton corps humain.
Tu sais, que bailler soit contagieux, c'est pas gênant non plus. Mais parfois, ça me fait tout drôle et je suis toute étourdie.
Quand je baille parce que le Mike de Suzanne dans DHW baille (j'en suis qu'à la saison 2, ok), je suis retournée.
Ou quand je baille grâce à mon amoureux.
Quand c'est à cause de mon chat, par contre, ça me destabilise un peu.
Je peux pas m'empêcher de me dire qu'une osmose se créée. Que si on partage un baillement légendaire, c'est qu'on partage plus que ça, en fait. Du genre, j'attrape une puce.
(Du chat, pas de l'amoureux).
Ma grande supersition et moi, on flippe parfois. Quand je baille suite à une femme enceinte, c'est presque le drame. J'ai peur.
Pas de lui avoir piqué son bébé, non, ça ne risque pas.
Mais que ce soit un signe quant à ma fécondation précoce et ma pilule mal fichue, sûrement.
Sinon, j'aime bien bailler et que ça me débouche les oreilles, c'est sympa.
Et j'aime bien bailler pour déclencher un tour du monde. Comme le coup du bisous. Il suffit que je baille un matin sur la ligne 1 pour que toute la rame s'y mette.
(Oui, oui, je suis de grosse influence).
Très certainement.
A la tienne et baille baille.
22 septembre 2009
Par dessus mon épaule
Ce matin, quelle douce aventure ai-je vécue. Quel instant d'intimité partagé dans le métro. Non non, point de gréve et de collé-serré parce qu'on veut TOUS ALLER A LA DEFENSE. Non. Point de souci de place. Ou de mec déplacé qui aurait eu besoin de chaleur.
Juste un souci de sans-gêne.
J'ai ouvert "Courrier International". Arrête, je ne peux même pas faire genre, je le lis deux fois par an. Je ne me suis sentie attirée par Meryl Streep à la UNE et ce gros titre "La France et son art de vivre vus d'ailleurs".
Je me sentais classe : Hey Hey je connais la France !
Le gentil Monsieur à lunettes (détail qu'on ne peut délaissé, il est une pièce indispensable du décor, un goût sûr et une preuve incontestable de ce qu'il m'est arrivé), a gentiment commencé à lire par dessus mon épaule.
Au début je me suis dit qu'il devait aimer la dinde.
Non que Meryl Streep ait l'air d'une dinde, mais elle pose avec une dinde. Ou un chapon. ou un poulet. Autant te dire que je ne les reconnais que dans la basse-cour moi. (Pour y avoir vécu)
J'ai commencé ma lecture par "Accoucher en France, quelle chance" !
(Hey Hey je connais la France).
Monsieur à lunettes a commencé à lire avec moi. Bon, une ligne, peut-être. Deux, à la rigueur si ça te titille l'oeil, fais fais.
Mais au bout de 3 pages, c'était rude. J'avais le journal sur les genoux et je sentais sa tête penchée, son esprit captivé. On se serait cru copain-copain sur la ligne 9, à partager un journal de bon matin.
Avec des petits pains au chocolat.
Bref, j'ai tourné mes pages, poursuivi.
Je me sentais même inquiète : et je tournais trop vite ? Et s'il voulait lire ça ? Il me dérangeait mais je voulais être polie (plus que lui).
Quand je suis descendue, je l'ai senti presque triste. Le problème étant qu'il n'avait plus à lire.
Obsédé.
20 septembre 2009
Je vis au pays des Bisounours
Et je suis fière, à vrai dire.
Mon ciel est rose, ma voiture navigue sur des arcs-en-ciel. Tout le monde est beau, tout le monde il est gentil. J'ai pas de problèmes avec l'extérieur, ni avec l'intérieur d'ailleurs. J'ai un cœur un peu gros, des nuages à la place des poumons et un amoureux.
Oui oui, l'amour est essentiel au pays des Bisounours.
On a les pupilles en forme de cœur et le nez rond comme un smiley déjanté.
Loin d'être naïve, ça fait des années que je construis ce joli monde. Mascara violet, oreillers qui sentent le bonbon, j'adore les plaids, les gros pull, les réunions de famille. Mot de passe : chou à la crème.
J'ai rencontré l'amoureux il y a plus d'un an. Il n'a jamais dit le fatidique mot de passe mais j'ai bien compris que mon monde un peu planant, il le trouvait chou. Il avait envie de le protéger, je l'ai vu au premier café. Au premier bisou. J'avais peut-être l'air naïf, mais j'étais drôlement rigolote. Et j'avais les joues roses. La preuve étant que je mange du bisounours tous les matins.
Mais un soir, dans des circonstances qui m'échappent aujourd'hui (et puis tant mieux), l'amoureux m'a dit :
"On n'est pas au pays des Bisounours ici".
Grosse déception. Ma lune sur mon nombril s'est retournée, déclinée. Interrogée. Certes, je suis peut-être la seule à le voir et à avoir le mot de passe, mais je pensais qu'il trouvait mon pays mignon. Troufion.
J'avais presque oublié. Jusqu'à cette conversation entendue dans le métro. Une copine qui dit à sa copine : "Non mais ma pauvre, on ne vit pas dans le monde des Bisounours".
Troufionne.
Pourquoi "ma pauvre" ? Parce qu'on est de pauvres filles (oui, les garçons ont du mal avec le monde câlinou-rosé de notre imaginaire de princesses) à croire que le bonheur existe ?
On s'en fout. On est au pays des Bisounours. Les pauvres sont ceux qui ignorent qu'un monde tout doux et sucré se tient non loin. Ils ne savent pas ce qu'ils loupent.
Surtout que nous, les bisounours, en plus d'avoir un beau pelage, on a des pouvoirs magiques.
Prends-toi ça.
10 septembre 2009
La bouche en coeur (et bon anniversaire)
Tandis que nous fêtons aujourd'hui nos un an d'amour (arrête, c'est beau), j'ai décidé de te causer. De choses profondes, je pourrais. Mais je les garde pour moi. Avec ma bougie et mes voeux. Non, je vais te causer d'autre chose. D'intimement lié (là, t'es content). En fin de compte, je vais me/te poser une question importante, te confier un tracas.
Oui, parce qu'en un an d'amour, même si les journées sont roses et les projets fuchsia (jamais de demi-mesure, tu entends), il existe parfois des hic. De plein de couleurs.
Quand est-ce que j'ai pouvoir remettre du rouge à lèvres ?
C'est trop embêtant d'être une bouche quand toute la journée une autre bouche vient la baiser, frotter, mordre et lêcher.
Trop dure la vie de bouche amoureuse quand on aime le rouge à lèvres.
Je veux toujours du rouge à lèvres. Contrairement au mascara que tu ne sais appliquer sans te regarder sous quatre angles (comment veux-tu une vraie courbure sinon), le rouge à lèvres s'applique avec ton portable qui fait miroir et où tu admires ton coup de bâton. Tu peux donc toujours avoir ton rouge sur toi, en remettre dès que tu as bu ton jus de pamplemousse (parce que le rouge file sur le verre) et en remettre dès que tu t'es mouchée (oui, c'est intimement corrélé le passage du mouchoir aux narines vers tes lèvres).
Mais en remettre après que ton chéri t'ait embrassé, tu ne peux pas. D'abord il râle parce que vous avez fait moit-moit. Il a récupéré une partie de ta graisse de baleine sur sa bouche de mâle à moustache et là c'est la cata, il croit même voir des pailettes.
Ensuite, tu ne peux pas en remettre car l'homme t'esquive de plus belle jusqu'à ton coucher et ton démaquillage. Il t'embrasse sur le front, les trois joues, la main, les cheveux (du jamais vu).
Le gloss, je n'y compte plus. Parce que ça colle. L'homme s'en trouve fermement perdu, désorienté, quoi un truc qui colle sur ma bouche, brille et porte un nom de fille.
Et moi, je râle quand après son rasage électrique, il m'embrasse, et des petits poils tout riquiquis viennent se poser sur mes joues, paupières, oreilles ?
Bah non. Je me mets du rouge à lèvres et on est quitte.
Vous l'aurez compris, dur de mettre du rouge. Le matin avant de partir, impossible. Il y a forcément un bisous en franchissant la porte avant de filer bosser. Le soir, en rentrant, même pas possible de se faire une bouche gourmande, le bisous des retrouvailles est trop intense et décoiffant.
En attendant, ma collection de rouge à lèvres est sage, en attente. Les roses, les rouges archi tendances, les mémés, les gloss, les indélébiles, les bons marchés, les ultra chers. Ils sont tous là. Mais moi, j'ai un mec.
Et Dieu merci, je préfère que mes rouges à lèvres se languissent de moi.
Que moi de mon amoureux.
Avec qui nous fêtons notre bel anniversaire ce soir. Et ce soir, je me maquille. Mascara, vernis. Blush. Et rouge à lèvres. Parce que ce soir, c'est soir de fête et que tant pis si je lui en mets partout. Ce soir, on ne se refuse rien.
