Ovary

C'est franchement rigolo la vie, non ?

10 juin 2009

Petit guide de survie dans les transports en commun

C'est la loi de Murphy. Un peu comme la tartine tombe toujours du mauvais côté, il y a des matins où moi je tombe sur le mauvais métro. Méchante nature fait son travail et moi je suis au bord de la crise de nerfs. Mais heureusement il existe quelques solutions pour ces moments de panique où le métro ralentit, s'arrête et me perd au milieu d'une foule incommensurable.

  • Perdue dans la foule et blottie contre tous dans la rame, j'écrase des tas de pieds pour ensuite recevoir quelques regards méchants. Je me dis alors que je peux toujours trainer des pieds. Si je traine des pieds, je sens les obstacles. Et si je sens les obstacles, j'évite le pire. Sauf de me faire marcher dessus.

  • Je peux fermer les yeux et imaginer que je suis à la mer avec Tata Simone comme quand j'étais petite et que je pensais que le métro c'était un grand train pour les grandes villes, qui allait vite et où il y avait des couchettes pour tout le monde.

  • Je peux plaindre les agents qui sont payés à crier « Éloigner vous du quai » ... « Laisser descendre » Mais enfoncez-vous à l'intérieur !

  • Je peux mettre de la musique et regarder si ça va bien avec la tête des gens. Qui n'est jamais tombé sur LA musique dans sa voiture qui accompagnait parfaitement la démarche du piéton quelques mètres plus loin ? Bon et bien là, je m'amuse à comprendre les émotions de la foule en mettant les chansons bohème de l'instant.

  • Je peux lire par dessus les épaules d'un monsieur.

  • Je peux descendre de la rame, chercher de l'air et me rendre à pied à destination

  • Je cherche un beau monsieur, fort et propre, contre lequel ça ne me fera pas trembler de peur que d'être collée de chez collée. Et après, je ne risque plus rien.

  • Je peux manger aussi. Parce que ça réconforte toujours un bon carré de chocolat. Je laisse mes papilles travailler, je me concentre sur le goût, j'oublie tout.

  • J'en profite pour faire le tri du mois de mon portable, parce que la boîte de réception va exploser, la boîte d'envoi est déjà pleine, parce que l'album photo mérite que je vire quelques photos compromettantes de moi quand Copine Cléa m'a prise le nez rouge et les pattes en l'air.

  • Je relativise : j'aurai pu être contre des gens plus transpirants que ça, je vais peut-être être dans quelques journaux, ce ne sont que quelques minutes ou heures de ma vie dans toute cette éternité et puis au moins, moi, je pourrai dire que j'ai connu l'enfer.

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07 juin 2009

Copine de Tram

C'était un soir de juin. Un soir comme on aime, où la journée passe mais où le soleil reste. Les jours s'allongent. Et magnifiquement on se dit qu'on est encore avant le solstice. C'est bon ça.

Oui, j'ai vérifié l'orthographe sur Google.

On prenait le TRAM en amoureux. C'est bien le TRAM.
En amoureux. On regarde le paysage et moi je murmure "Allez, on fait des projets". J'ai toujours envie de faire des projets dans le TRAM. Y a comme un goût de voyage, des promesses à la perfection.

Entre Porte de Vanves et Porte d'Ivry.

On s'est assis dans un carré et dos à la marche. Comme pour la surprise.

Et puis elle pleurait. La jeune dame, la demoiselle, assise en face de moi. Elle pourrait être ma copine, ma grande sœur. Elle a reniflé un grand coup que j'ai pensé Oh t'es pas gênée, mais elle est repartie de plus belle dans un éclat de larmes. Oh non, je voulais pas te faire pleurer. Elle me regardait.

Je ne fais pas pleurer moi. Je ne sais pas faire pleurer.

Et pourquoi le Monsieur à côté de toi ne te console pas ? Il a l'air d'être ton amoureux, non ?

Dans ce beau carré, nous étions donc à taper du pied sur notre amour en musique, sur nos projets d'oreille à oreille, tandis que le joli couple face à nous tapait sur les sentiments qu'un beau soir de juin peut parfois faire valser. On aurait dit. Et de son regard à elle, en larmes, à son regard à lui, déconcerté, moi j'ai presque voulu fermer les yeux.

J'ai peur des histoires qui finissent.

Attention, voilà qu'un nouveau protagoniste intervient. Monsieur je-protège-la-femme-moi se ramène de loin et regarde la gentille Demoiselle : ça va aller ?

Je lui en ai voulu parce que j'aurais bien aimé lui poser la question à copine-du-tram. Juste que je n'osais pas.
Il en a ajouté dix couches et il a terminé par "Vous vous êtes fait battre Madame ?" en regardant de travers l'amoureux au regard déconcerté.

Et l'amoureux m'a semblé classe "C'est une histoire de couple je vous dis".

Merde.

Tout ce que je craignais quoi.

Elle pleurait et pleurait. Et puis ils sont descendus. Ne me dites pas que c'est fini. Qu'un beau soir de juin comme ça, alors qu'elle s'est levée ce matin comme tous les matins, son amoureux a pu démolir sa vie, pour rien. Pour rien.

Ne me dites pas qu'elle n'a rien vu venir et que ça lui a fait mal au ventre.

J'ai trop peur des maux de ventre.

Bon, bah copine du TRAM, si tu vois ce message, passe-moi le numéro de ton ex amoureux, il était franchement pas mal.

BLAGUE.

J'espère juste que tu te réveilles dans ses bras et que demain tu seras dans le TRAM. Même heure.

Allez.

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16 mai 2009

TIPS ou comment la crise fait des glands

Avec ses couleurs de gland, il faut le dire rose et vert, le parfait nappage cette semaine, il m'a séduit. Je me suis dit... tiens je vais acheter ce magazine anti-crise, je vais acheter TIPS. L'étape dans ma vie quoi. Qu'est-ce qu'on en retient ?

Mme Vieillard, rédactrice en chef, n'a pas mis une photo à son avantage dans l'édito. Mais on table sur un petit budget.

On ouvre le magazine et on commence avec la quinzaine TIPS. Jusque là, je m'y retrouve, c'est divers, et mes yeux aiment quand c'est divers. Vos yeux aiment quand c'est divers parce qu'ils sélectionnent ce qui vous émoustille. Et là, ce sont les Tortis Solidaime pour 0.99€. Packaging rose et 0.08€ reversés à des associations caritatives.

Sauf que l'interview de Charlotte de Turckheim page suivante me titille et me dérange. Rose cheap, photos sur lit blanc, voile blanc, le truc à la Saint Trop' qu'on ne fait plus, le tout accompagné d'un petit mot comme quoi la crise ça a du bon, ça rend les gens solidaires. Elle n'a pas du tout été payée par TIPS elle, parce que si TIPS veut dépasser les dix numéros, va falloir qu'on coule un peu plus. Non, la crise c'est clair c'est trop bien, on rencontre des glands et on les dévore.

D'ailleurs sur la deuxième photo, Chacha chine dans une boutique provencale. La crise épanouie.

Les pages suivantes, on se la joue très people. Elle est bizarre la soeur de Victoria Beckham. Mélanie Laurant fait Casimir. Je passe un peu, je cherche les pages Shopping pas cher.

Mais les robes Mango sont toujours à 70€.
La page canari, mode tout en jaune du string à la ceinture, me donne une impression de déjà vu, quand Cosmo colore mes lectures. Les plus beaux sacs sont les plus chers et les bons de réductions exigent minimum 60€ d'achat.

Me voilà dans le pétrin face aux bons de réductions. Le fondant Mamie, mais j'ai pas de four, les dosettes Legal mais je n'ai pas de machine à Café, les lessives X-TRA mais je n'ai pas de machine à laver.
Oui, je suis pauvre moi.

C'est la crise.

Sinon, nous avons 10€ de réduction chez Léon mais depuis que l'amoureux m'a parlée de Cafards dans les cuisines d'un des Loulous de la Chaîne, je fuis la moule.
   
Sinon, réduction pour Disney, Astérix, et Etap Hotel. Du vertige dans ma vie, des escales imprévues. Oui, chéri, ça te dirait de dépenser 1000 euros ce week-end, je m'évaderai avec bonheur, et t'inquiète pas, TIPS paie le premier péage, une économie de dingue, non ?
Chéri ?
   
La page maquillage me rappelle mes 15 ans. Je vous laisse y goûter (pour 90 centimes et l'article que je vous en fais, vous allez l'acheter tout de même).
   
"Sculpter son corps", page Sport, me rappelle MINNIE magazine et la photo de la Nana qui me montrait comment me bombifier. Alors j'aime bien.
   
Coaching Sexo, avec ça. Je trouve que la photo du rédacteur de la rubrique est de trop. Parce qu'un regard pareil, quand je lis les conseils préliminaires, ça me fait peur. 21 façons de réussir ses préliminaires. "Au cinéma, au supermarché, glissez lui des mots coquins à l'oreille"... Super. Attends, j'essaie.

Chéri, pour mille euros, l'Etap Hotel ?

L'horoscope me torture, je ne sais pas ce qu'il en dit quant à .. rachetera, rachetera pas TIPS ?

Peut-être, parce que quand même on aime :
    - Les mots fléchés
    - Les 4 fiches pratiques
    - Les recettes cuisines
    - Les bons plans de la quinzaine
    - Les deux enquête (2 filles, un filon, et Home Green Home, qui m'a donnée envie de voir l'Allemagne).

A bientôt Charlotte et la bande TIPS.

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11 mai 2009

Recette de mon caramel à moi

C’est dur le lundi. D’autant que le week-end sentait bon le caramel beurre salé, le sable et l’amour. Et pour ça, il faut partir un vendredi matin en se disant que l’on a tout le temps d’arriver à Honfleur, que l’on va prendre les petites routes, respirer les prés, saluer les vaches, prendre de l’avance quoi. Alors on essaie de sortir de Paris, on salue les feux rouges, on prend du retard mais peu importe, on écoute les enfoirés et on se dépose des baisers à chaque arrêts. Ça sent les vacances, la détente, la Normandie. Au bout de deux heures, quand on atteint Versailles et que l’on peut enfin filer vers le Nord, on décide de prendre l’autoroute. On snobe un peu les prés, on gagne la pluie. Mais on y croit.

Arrivés à Honfleur quelques heures plus tard, on est tout émerveillé du microclimat. Le ciel bleu écoute mes prières et vient s’étendre sur le port de plaisance tandis que l’amoureux choisit un restaurant où il y a la queue aux toilettes et c’est toujours problématique chez moi. Comme d’habitude au restaurant, je préfère son plat. C’est toujours problématique chez moi.

On s’extasie un peu plus tard du caramel derrière toutes les vitrines. De galettes par-ci, par-là. On se met un petit coup de Goldman, assis en tailleur sur un muret et on fait mille projets mais on garde chacun nos petits secrets. On se devine, c’est tellement plus drôle.

La chambre d’hôtes dans laquelle nous dormons pour deux nuits manque d’un petit tapis et j’ai terriblement froid aux pieds. Voilà, je voulais commencer par la critique. Parce qu’hormis ça, c’est trop charmant et la douche italienne réussit à mon homme (et moi dessus).

Le soleil explose dès le samedi matin et nous filons voir la mer. J’ai l’impression que ça fait une éternité. On s’interroge même sur le sens du courant et si on ferme un œil, on tend un doigt, on peut le cacher le pont de Normandie avec son pouce voire son auriculaire.

L’après-midi, on se sépare pour faire quelques emplettes. On prépare un petit cadeau à l’autre et à nos amis, nos parents. J’ai quinze sacs, et avoir quinze sacs, ça me rend heureuse. Oui, ça a toujours été un peu problématique chez moi. Regarder dans les sacs et voir des caramels, des galettes, des sablés, de la confiture pêche melba, des petits bonbons à la pomme du Calvados, ça me rend toute chose.

On se retrouve dans un café où il y a la queue aux toilettes. On s’offre nos petits cadeaux, je suis gâtée. Une confiture dans un pot typique, un savon –un vrai- au caramel et beurre salé, un joli petit cadre de mes envies de New York et un petit carnet pour mes mille idées à la seconde. Les gens passent et repassent, on bronzerait presque.

Le dimanche matin, nous filons sur les planches de Deauville dire bonjour à nos copains les Parisiens, grosses lunettes, grosses voitures, on se retrouvera sur l’autoroute. Au marché, on se détend, c’est l’été, je vois même des abricots.

Impossible de croire qu’il faut rentrer. Même si je tête en conduisant un petit caramel, même si demain matin sur mon pain il y aura une confiture aux mille saveurs. Je peux plus vivre ce genre de Lundi après ce genre de week-end, non ?

La prochaine fois, Honfleur, j’y reste. C’est ça la recette du bonheur bien caramélisé.

PS à l'amoureux : tu me donneras des photos pour que l'on fasse profiter tout le petit monde de mon pot de confiture, de mon pot de Yaourt garé à Deauville et de ma peau au soleil, bord de plage, bonheur et tralala ?
Et merci beaucoup l'amoureux pour ces instants magiques.

Article également posté sur K.IWI.
K.IWI c'est quoi ? Un blog de filles, d'enquête, de questions, de réponses... un Blog où vous êtes attendus, pardi !

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17 avril 2009

Ma grande Copine

Le matin, c'est les cheveux en combat, qu'elle me voie. Puis on se sourit. Elle est la première personne à qui je cause, elle est mon équilibre.

Ma petite boulangère.

La plus belle chose de cet appartement, c'est sa boulangerie. Juste en dessous. Que ça sent le pain partout, tout le temps. Le croissant, le pain au chocolat. Que je m'y suis habituée et que je dois porter l'odeur sur moi, une vieille farine. Et qu'il doit y avoir de souris partout.

Chaque matin, je descends pendant que mon café coule. J'ai préparé mes sous. A peine ma boulangère m'aperçoit-elle, qu'elle prépare LA baguette que je prends tous les deux matins. Si bien que je suis piégée. Que l'autre fois je voulais un pain au chocolat pour ma soeur et que ma boulangère était heureuse de me préparer LA baguette. Alors j'ai pris la baguette et le pain au chocolat.

Heureusement qu'elle n'est pas d'après-midi ma boulangère, t'imagines le régime Flan que je me mettrais quoi.

Quand je rentre à midi, on s'aperçoit avant que je rentre dans l'immeuble. Elle me fait un sourire. Bientôt, on se fera un signe de main. Attends, je le sais.

C'est trop précieux une boulangère.
Et je ne vous prêterai pas la mienne.

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10 avril 2009

Je me suis faite manucurée

C'est un peu vilain comme mot. Manucure. Tiens, si je me faisais une manucure. D'antan, je me manucurais, nous nous manucurions. Et aujourd'hui, il faudrait bien que je me manucurasse. Alors bon, j'y suis allée.

Je lui ai donnée mes petits doigts et mes petits ongles. Il restait un peu de vernis beige. "Et du rouge aussi ? Non parce que j'en retrouve des particules, vous en aviez mis ?"... Euh... Oui, oui, OUI. Bien sûr ! Mais oui Bien sûr ! (Mais quand ?)

"Est-ce que vous voulez que je vous coupe les bourrelets ?"..
Comment te dire, ça fait très charcuterie.

Tu savais que tes bouts de doigts avec des bourrelets ? "Mais plus on les coupe, plus ils repoussent et se voient, mais vous n'en avez pas beaucoup..."

Ahlala, la tendance Yo-yo et moi. Enfin peut-être que je dois prendre ça pour un compliment.

Et ta pince coupe-bourrelets, elle coupe aussi le bidon un peu ?

Je suis ressortie avec des doigts tout maigres. C'est beau la vie.

Je te conseille donc de te manucurer parce que la vie en se manucurant, c'est drôlement bien.

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12 juin 2008

Danser pour redessiner ce monde en cadencé.

Je vous avais promis un article pailleté. Accrochez-vous, ça paillette grave.

Je suis arrivée un sac sous le bras, deux sacs sous le bras, trois sacs sous le bras. En fait, j'avais une multitude de bordel histoire de ne rien oublier. Entre ma pince à épiler, mes costumes et ma tronche défoncée, j'étais là pour le mieux. "Tu devrais déjà être sur scène" qu'on m'a criée quand je suis arrivée étouffée sous du tissu vert Shrek.

Euh... c'est mon œil grognasse où tes seins débordent à mort de ton costume miniature ? Hein, je vois bien, alors laisse-moi te répondre qu'aujourd'hui, ce n'est qu'une répétition alors je tiens franchement à ce que tu ne viennes pas m'emmerder et ensuite, oui ensuite, note bien que je ne devrais même pas être là mais qu'avec ma solution éclaire j'ai réussi à venir pas coiffée et super en colère. Alors éloigne toi et va tirer sur ton tee-shirt, faut caché néné là.

Putain, c'est chiant les gens.

Super calme, j'ai ravalé ma saline et j'ai enfilé ce truc vert que quand tu tires dessus pour cacher ton ventre on voit tes lolos et que quand tu le remontes, on voit ton nombril. En fait c'était super problématique et sur scène je n'ai pas su danser et me rhabiller en même temps. Au final, j'ai pas trop bougé et les yeux dans les projecteurs j'ai bien compris que j'étais au fond du gouffre.

Ensuite, j'ai bien enchaîné. Je suis allée me changer, ni une, ni deux, pour la chorée suivante. Sauf que je me suis trompée de costume. C'est bon, il y a juste eu un problème de gestion dans ma tête. T'as déjà connu ce stress là ? Même en répétition.

On a dansé avec nos petits bâtons là. Avec le truc qu'on a répété quinze fois. A UN, on le jette, d'accord ? Bien sûr. Bien sûr qu'à UN, j'ai jeté. J'ai jeté mais je me suis juste trompée de SENS, histoire que tout MERDE puisqu'on forme un joli cercle et qu'une nana -la prof- s'est retrouvée avec deux bâtons à rattraper et que celle qui attendait le mien a juste gueulé "Caro putain, c'était dans l'autre sens".

Bah Caro, fatale, en colère et les larmes en planque sous les paupières, elle s'est barrée de la scène comme une grosse graine de courge qui germe à mort et qui fait peut-être un peu genre. Madame la prof a crié "Caro, c'est pas grave, on s'en fiiiiche". Non, on s'en fiche pas putain. Il y a un sens à respecter, le truc il tient debout et moi je gâche tout avec ma bêtise. Trop déterminée, j'ai vraiment quittée la scène, je suis partie. Partie pieds nus avec mon tee-shirt marron super moulant façon guerrière en direction d'ailleurs. Je suis sortie de la salle de spectacle, je me croyais dans un film ou je ne sais trop quoi, j'ai marché comme si j'espérais qu'on me court après. J'entendais encore la musique. J'ai pris de l'élan et je suis allée dans la pelouse.

Sauf qu'il avait plu cinq minutes avant. Peut-être au moment où je disais "Putain je suis blasée" et que la prof m'a entendue. Ou alors au moment où j'ai avalé une larme qui coulait et que j'ai eu du mal à comprendre d'où elle venait. "Arrête, tu pleures pour la danse ?" Non, je ne crois pas non. T'as trouvé néné ma conne ?

Bref, il a plu à un moment donné. Alors pieds nus dans la gadoue, on a beau être super en colère et prêt à aller loin, je vous jure qu'il y a quelque chose qui vous freine.

Super. Du coup, j'ai un peu remis mon plan en question et je suis retournée dans la salle frotter mes pieds gelés et bien crades sur les grands tapis. Ensuite, on est venu me raconter que c'était pas grave le coup du bâton. Sauf que moi, j'ai décidé que c'était grave, alors faut pas se fatiguer.

Je vous passe les détails à suivre, entre faux départs, maux de têtes, blagues à deux balles qui n'attirent personne, grosse fatigue et consigne de couture. Oui, parce que là, vous pouvez me souhaiter une bonne nuit, j'ai des pressions à mettre sur ma jupe marron, c'est fantastique. Je ne suis pas couchée. Ou alors ça va finir en épingle à nourrice, j'en ai rien à cirer.

Au moment de partir, je me déshabille dans les vestiaires. Ma sœur est déjà embarquée vers la voiture avec la majorité des sacs -les dix et demi- et je me retrouve en soutien-gorge dans les coulisses comme la dernière des mal finies. On fait comment maintenant ? On traverse la salle en soutif en hurlant "EH OH" j'ai besoin d'un tee-shirt, d'ailleurs le coup du bâton, c'était MOI. Non, j'ai juste enfilé le haut VERT, celui qui cache à peine le téton et encore j'en ai deux. Je suis allée jusqu'à ma voiture comme ça, clin d'œil à ma pelouse boueuse fétiche. J'ai démarré. Et super heureuse, la peau fragile et la fatigue à la chaîne, j'ai osé souffler.

Souffler jusqu'à demain. Sauf que demain, c'est du vrai. De la paillette sur la tronche. Et en plus, je loupe le match, tout ça pour aller me déambuler en fille super blasée. Et on remet ça samedi. Et le bâton, c'est vers la droite. Voilà, au final, ça pue la paillette et j'espère que tous ceux d'entre vous qui ont prévu de venir me voir s'amuseront comme des petits fous. Et pas de pression pour le coup du bâton, c'est un coup à ce que je le pète en deux cet enfoiré.

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11 juin 2008

Je resterai humble, d'ailleurs je le suis.

J’ai avalé des épinards de travers. Je pense que je devrais le dire à Jean-Luc Delarue. Succès garanti. Parce que je ne trouve aucun moyen de diffuser mon parfum. Et sans gloire, c’est la fin des haricots. J’ai envie de partager avec vous mes rebondis. Sans être sortie tout droit de la cuisse de Jupiter, mais en lui ayant rasé les poils de près je vous le concède, moi je pense que ça peut être intéressant de devenir publique et de ne garder comme intimité que l’instant to pee.

J’ai bien essayé de me déhancher derrière les caméras de TF1 qui paraissaient trop occupées par le Palais de Justice de Melun. Pourtant, j’ai vu ça comme une aubaine. Ni une, ni deux, j'ai pris tout le ralentit possible pour l'infiltrer à ma démarche. Je suis passée comme dans les rêves. Quand tu ne peux pas avancer, que l’air te fait barage. Avec un soupçon de mèches au vent, j’ai continué dans ma lignée avec l’espoir de me retrouver au journal.

Je cherche toujours et depuis ils veulent virer PPDA.

Hier, j’étais ligne 12 et voilà qu’en descendant je remarque comme tout le monde la rame d’en face. Nouveau design, rayures orange juice, rouge ovaire et violet d’une myrtille génétiquement modifiée, les nouvelles rames resplendissaient sous les yeux de grosses caméras. J’ai bien voulu m’inviter à l’inauguration, en plus a jeun, j’aurais fait fureur au bout d’une coupe à peine. De quoi me rendre inoubliable. Mais bref, aucun passage, aucun accès à la gloire. J’ai juste tenu un peu plus loin la porte battante à un monsieur très important qui m’a dit que j’étais bien aimable.

Je voulais être sous les projecteurs et je m’en bats le steak d’être avenante si mes papilles et mes désirs de gloire restent bloqués sur des nouveaux sièges à géométrie inconstante. Merde alors.

Je vais devoir me résoudre. Mon sourire ne fera jamais la une de Signal.

J’ai bien essayé d’écrire des romans.
De semer mes petites culottes. Dans le métro, chez mes amis après avoir tremper mes dentelles Etam dans la piscine gelée à une heure du matin. Les fesses en iceberg.

Enfin, l’essentiel me direz-vous, c’est de partager mes petites aventures avec vous, d’être dans le cœur de certains, inoubliables pour d’autres. Et à chiez pour des quelconques. Les années folles et l’heure de gloire, ce n’est pas forcément de la diffusion à s’en faire peur.

Mais j’ai quand même hâte d’être ratifier à la colleuse dans les bouches de métro. Ne conjurez pas le contraire, on pourra négocier les tunes. Enfin, si vous reconnaissez mes dents.

Glorieuse journée à vous. Et promis je vous citerai si vous me laissez quelques idées pour finir en UNE. Et même je vous remercierai au lieu de chialer pendant les discours. De rien, je sais.

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09 juin 2008

J'ai toujours le bon refrain moi

A force de bouffer ma vie en musique dans le métro, je vous dis, j'ai un sens à la chanson qui s'est drôlement développé. Et j'ai remarqué que face aux chansons, j'étais pas des plus originales, j'étais même pas très sympa. Je sors de mon chapeau quelques catégories : il y a celles que je voudrais corriger, celles que j'avais écrites avant qu'elles ne sortent, celles que je jalouse et celles qui ont été écrites pour moi. Voilà, toutes les chansons -grossomodo n'est-ce pas- sur cette planète, entrent dans une de ces quatre catégories.

Dans les chansons que je voudrais corriger, par exemple il y en a une de Raphaël. Regarde un peu. "Bien sûr j'ai la ville dans le ventre, bien sûr j'ai vendu ma moto, bien sûr je te trouve très jolie, j'ai vraiment envie de te sauter..." Non, ce n'est pas le sauter en soi qui me gêne, je l'aime bien Raphaël quand il me dit ça moi. C'est juste qu'à la place de jolie, j'aurais mis charmante tu comprends. Pour qu'il y ait un semblant de rime avec ventre. Et à chaque fois que j'entends cette chanson, ça me déconcerte.

Sinon, on peut prendre la chanson d'Aznavour "Hier encore". Voilà, il dit "[Je] donnais mon avis, que je voulais le bon, pour critiquer le monde...". Je regrette mais moi j'aurais dit "Je donnais mon avis, à qui voulait le bon". Je trouve que dans le genre de la chanson, pour ce côté désinvolte, jeune et téméraire, ma version à moi est parfaite. C'est dingue.

La nouvelle chanson de Mauss me dérange aussi. "C'était juste une silhouette qui ressemble à toi, je recherche quiconque te ressemblera". D'accord. D'accord, on a compris et je sais que pour la rime il est obligé de parler déformé grammaticalement mais bon. J'aurais mis "C'était juste une silhouette qui te ressemble et moi, je recherche quiconque te ressemblera..."

Un dernier exemple, après je vous laisse tranquille. Vous connaissez la chanson de Bachelet, "Elle est d'ailleurs" ? "Cette manière de traverser, quand elle s'en va chez le boucher..." Je pense qu'à l'époque, ça passait bien. J'adore la chanson mais mon Dieu, l'image du boucher qui vient plomber la phrase, ça me fout des frissons tout compte fait. L'épicier, non ?

Sinon, je ne te parle pas de Bénabar qui est anti-rimes. Pourtant parfois, c'est facile, évident. Mais non, il doit vouloir l'autre mot là, celui qui rime pas et qu'a pas le bon nombre de syllabes. Ça me tue les oreilles.

Quand David Hallyday a sorti la chanson "Pour toi" je trouvais ça nul parce que j'avais déjà ma chanson qui s'appelait comme ça. Je sais, c'est méga courant comme titre mais ma version était tellement plus pure que sérieux, j'aurais pu le porter en justice et partout où je voulais.

Globalement, toutes les chansons de Lara Fabian, je les avais déjà trouvées avant.

Il y a des chansons que je jalouse et c'est pire que tout. Je dois l'admettre, le reconnaître. Quand je les écoute, elles me prennent au ventre et là je suis énervée. Je m'en veux de ne pas avoir écrit tout ça AVANT. De ne pas avoir eu l'idée AVANT. Par exemple, "J'étais là" de Zazie, elle est énorme. "La cendre" de K, aussi. J'en ai les yeux rouges.

Et enfin, il y a les chansons écrites pour moi, j'en reste persuadée. Si je te dis "Elle était de ces femmes, qu'on embrasse sur les yeux...", tu -me- reconnais ? C'est "Madame" de Miossec. Il parle de moi dans toute la chanson lui. Pas gêné. Pareil pour "Elle, c'est un loup, une tourterelle, C'est un animal étonnant, Elle, moitié velours, moitié dentelle, Toujours cruelle et cependant..." de Barbevien.

Dans les yeux révolver, c'est moi aussi.
Et puis aussi dans "Elle a fait de ma vie des cocottes en papier, des éclats de rire..."
Pensez à moi la prochaine fois. Ils tombent tous en esclavage, de mon sourire, de mon visage. Je sais.

Bon voilà, j'ai un peu scindé le monde de la chanson. Ce qui demeure bien con c'est que je ne sais pas chanter, parce que sinon, entre mes revendications et mes idées, moi aussi demain je peux être un super papillon de lumière.

Elle, elle est à refaire par exemple.

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04 juin 2008

Et trois mille cheveux de travers

"La gloire est si fragile mais bien moins que mon cœur, on dit qu'elle est le deuil éclatant du bonheur...". Je suis tellement persuadée que les vies trop remuées s'en sortent parce qu'elles en sont glorieuses. Tu peux pleurer, mais si t'es connu du monde entier, mon Dieu, si tu as l'aubaine d'être à la une pour exposer tes angoisses, tes larmes, il y a quelque chose qui te console. J'adore rebondir, j'adore descendre plus bas que tout pour me sentir remonter. J'adorerais le faire partager à la terre entière bien plus expressément. Sur l'instant.

Sur l'instant, il y a du vent dans le métro. Une sorte d'aération qui soulève ma jupe, un peu mes cheveux, mais qui me satisfait. J'en demande pas plus. J'en demanderai pas des tonnes. C'est peut-être pas ce genre d'émotions qui donne à être partagé. Mais j'ai envie d'en donner, tout plein. Je me creuse et je me donne. Ça se creuse une sensibilité, tout juste pour vous en extirpez comme je suis là, les jambes qui s'en dévoileraient presque. Et le temps qui se fait.

Ça ne parle que de moi. Cette dictée d'émotions, cette façon de croire que je ressens le monde pour le monde. Que je veux tout raconter, à tous, que je pense universel. Je me dis être les maux de ce monde, les joies de ce monde. Seulement parce qu'en plus d'être une personne, je suis une conscience, que je n'ai accès qu'à mes propres pensées, éligibles. C'est bien ce qui fait que je me crois seule. Vous pouvez toujours me dire que vous aussi, vous êtes un je, je ne connais que le mien.

C'est pas égoïste comme façon de penser. C'est juste de croire que si je suis tombée sur moi, alors je peux me prendre par la main et considérer que de mon petit regard, je vais me former une vie, des vies, des visions. Et voilà. J'aurais vu, j'aurais vu seulement de ma place. Le monde sera relatif à ma place, à mon existence. Je définirais le monde et ses déboires en passant par mes ressentis, mes idées. Et pas par grand chose d'autre.

Alors à l'instant, j'ai envie de gloire, j'ai envie de dire à tout le monde que je ressens les choses, que les larmes c'est super salé, que le temps c'est qu'un con. Que je sais des tas de trucs mais que je ne dis rien.
Que j'attends un tas de choses mais que je reste inerte.

Que j'ai mille rêves. Que je ne veux en laisser aucun. Je voudrais pouvoir courir, chercher. Atteindre. Je voudrais faire partager à tout le monde chaque pensée, chaque idée. Chaque moment, j'entends, je vois, j'observe. Je manque.

Pourtant j'attends le métro sans que personne ne me regarde. Le faux vent me secoue un peu, j'ai la bonne musique dans les oreilles et j'ai vraiment cette sensation indéniable que je tremble pour tous. Je monte dans la rame, les cheveux décoiffés. Trois mille cheveux de travers. Sur les épaules, partout. Je dévore des yeux des stations et là, je me demande pourquoi. Comment et pourquoi.

Posté par Ovary à 05:46 - Effet printemps - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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